(FIFA.com)
Si dans un cercle d’amis on évoque le nom de Reinhard Stumpf, certains risquent de donner leur langue au chat. Mais dès que l’on commence à parler des victoires, on se rappelle vite qu’il s’agit là d’un grand du football: Champion allemand (1990) et vainqueur de la coupe (1991) avec le 1. FC Kaiserslautern, suivi de la « double victoire » avec Galatasaray Istanbul (1993) et une autre équipe turque un an après. « Sept ou huit années de ma carrière se sont passées auprès des diables rouges. Bien sûr, je m’y suis beaucoup attaché. La Turquie sera de toute façon toujours dans mon cœur », se rappelle le footballeur de 49 ans dans cette interview exclusive avec FIFA.com au cours de laquelle il fait le point sur une carrière réussie en tant que joueur.
Une énorme différence par rapport à l’Europe
Que ce soit en tant que défenseur arrière sur le terrain ou au bord de la pelouse en tant qu’entraîneur, Stumpf a déjà pas mal de vécu. Après les diables rouges de Kaiserslautern, en passant par les loups de VfL Wolfsburg et par Galatasaray Istanbul, il osa il y a juste deux ans relever le défi du désert et signa au grand club saoudien d’Al Hilal. En tant qu’assistant d’Erik Gerets, actuellement coach national du Maroc, il gagna en 2010 le championnat saoudien ainsi que la Crown Prince Cup. Suite au départ de Gerets en octobre 2010, il devint le coach intérim principal de l’équipe professionnelle avant de reprendre en novembre 2010 l’équipe des moins de 21 ans d’Al Hilal.
C’est là qu’il forma les joueurs pour les équipes professionnelles – et ce avec succès. Au cours des cinq derniers mois, huit de ses joueurs furent appelés à rejoindre la ligue des pros du club. « La qualité ne peut pas être comparée avec celle de l’Europe. L’entraînement quotidien ne peut avoir lieu de manière si intense et approfondie qu’En Europe. C’est pourquoi les équipes qui peuvent se le permettre partent pour l’Europe en entraînement pour préparer la saison. La structure de la ligue est également différente. Avec les moins de 21 ans, je joue tous les trois, quatre jours, puis rien pendant deux mois. Nous n’avons pas le même rythme qu’en Europe », explique Stumpf au sujet des différences avec le football européen. Les équipes pros saoudiennes doivent disputer jusque 55 matchs par an. Championnats, quatre championnats de coupe, AFC Champions League, tout cela sans équipe nationale – la liste des matchs obligatoires est longue.
Donner une chance à la relève
Au proche Orient, l’enthousiasme pour le ballon rond est immense. « Le football est le sport national numéro un. Là où il y a des fans le foot, l’enthousiasme est grand. Et ici des fans, il y en a partout, que ce soit à Katar, à Bahrain ou ailleurs. Les gens adorent le foot et aiment la compétition. Ils n’ont rien à envier aux fans européens. Ici, de l’enthousiasme, il y en a à revendre. »
Donner une chance à la relève – pour Reinhard Stumpf, ce sont plus que de simples mots. Il met la main à la pâte et actuellement, il participe à la création au Canada d’une académie du football pour les jeunes. « Je me suis récemment rendu à Vancouver pour le travail et j’y ai remarqué avec quel zèle les jeunes et les enfants s’entraînent. Cela m’a donné envie de promouvoir ces jeunes et le développement du football canadien. Cela est mon objectif à long terme, mon avenir lointain. »
D’ici là, Stumpf veut tout d’abord continuer à travailler en tant qu’entraîneur professionnel. Que ce soit dans les pays arabes ou un retour en Europe, voire en Allemagne, tout est envisageable. Chacune de mes situations comprenait des moments agréables, j’ai fait des expériences positives partout. Je suis sûr que peu importe où le destin me mènera au cours des prochaines années, des objectifs passionnants, un magnifique pays et de grands défis m’attendent. »